Le Rugby prend le maquis ..
Revenons à nos premières sections pour connaître quelles furent, entre 1930 et 1945, leurs progressions, transformations, péripéties de toute sorte quand ce ne fut pas la cessation d'activité comme ce fut le cas pour la section Artistique qui devait disparaître définitivement vers 1939.
Pour sa part la section rugby allait connaître une interruption inattendue dont vous avez pu lire l'explication dans son récent livre d'Or : "Malgré les injustices dont le rugby faisait l'objet M.Dervieux en accepta la présidence pour 1930-31, la saison de l'incident : alors que l'équipe 1 se rassemblait au café Vallin sous la responsabilité de Jean Laurent, pour aller disputer un match de bienfaisance à la Côte St André le chauffeur de la "cage à poule" fournie par le garage de RHODIACETA annonça qu'il avait ordre de n'emmener aucune femme de joueur !
"Comme cette mesure n'était pas en vigueur chez les footballeurs toujours galamment accompagnés, nos ruggers plantèrent là le car de la filature et son chauffeur aux ordres et se rendirent sac au dos jusqu'au stade des Cités où le président général et sa suite assistaient à la gymnique du moment. S'étant mis en tenue et bravant les injonctions de ne pas pénétrer sur la pelouse réservée au ballon rond, ils s'entraînèrent avec ardeur sous le nez du général Beugras, vert de gris, pardon vert de rage.
Et c'est ainsi que pour n'avoir pas voulu "collaborer" avec le dictateur nos vaillants rugbymen de 1931 prirent le maquis ; certains faillirent même perdre leur place à l'usine?...
Le premier "maquis" local, dénommé U.S.P., ne fut qu'un refuge provisoire d'un an (avec entraînement au boulodrome de B.Dufeu puis sur le terrain du Dr Brochier). Faute d'activité et surtout de fonds, les joueurs s'éparpillèrent pour quelques temps à Annonay (Cottard, Glas, Vivan, Grand, Mouchaton), à St Vallier (Mollard, Laurent), à Vienne, etc...
De 1931 à 1943 le rugby n'eut donc plus droit de cité dans l'agglomération pourtant grandissante autour des usines Rhône Poulenc et RHODIACETA."
Mais le feu sacré couvait sous la cendre et il se ralluma avec une ardeur nouvelle lorsque le directeur sportif Léon Courtejaire fut rendu à la vie civile. cet ancien international d'athlétisme était encore un rugbyman très présentable ; associé à l'autre Léon (Mollard) et donnant l'exemple à un étonnante brochette de quadragénaires il eut tôt fait d'imposer les revendications de la section rugby, 2e édition, avec l'avis favorable du 2e président général du Rhodia club, M.Ledrut.
La période était pourtant mal choisie pour repartir du bon crampon et les joueurs devaient à tout moment payer de leur personne et... de leur poche : ainsi pour les matchs à domiciles chacun payait sa boisson et celle d'un adversaire ! (de quoi faire rêver nos trésoriers 77 ???).
Et pour les déplacements on avait le choix entre l'asphyxie sur un vélo allergique aux montées ou dans les gaz d'un camion gazo-bois !
Après l'intérim de MM. CHARRON, puis MERCIER, la présidence fut confiée à L. MOLLARD qui, avec l'entraîneur COUTEJAIRE, eut un mérite fou à relancer le Rugby à Roussillon et dans un RHODIA CLUB où l'influent Président du Foot. , M. FABRE, n'était pas spécialement favorable ?
Comptant sur les chevronnés LAURENT, PETIT-GONON, GLAS, AUGAGNEUR, DOUZOU, VERGNES et quelques autres mordus comme eux, ils virent pourtant des plus jeunes rejoindre leur bord et ils cinglèrent bientôt vers des saisons plus lumineuses avec les MITIFIOT, DELAIGUE, REYMAUD, COTTARD, JAIME, VERCHIER, FRANCON et autres BARNEOUD.
En dépit d'une saison 43-44 sans championnat ce nouvel essor de notre Rugby allait coïncider avec la Libération et nous valoir de prochaines pages pleines de hauts-faits.
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